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A demi maux, extrait 1/4.
1. i.
où la beauté n’est plus juste
une réflexion en d’autres maux
une faim en soi.
1.ii.
la poésie n'est maintenant plus
que des cris et de longs silences
barbelé de maux et de reflets brisés
moi qui rêve
de sculpter l’image de ses ombres solitaires
je suis
l’existence gratuite mais insurmontable
angoissé mais téméraire
de ses dieux abjectes et détachés.
1. iii. autant de secrets que de mystères,
d’oublis, de regrets et d’abus
mal déguisés – invariables
de simples maux du bout des lèvres
à l’origine, à l’écart, impartiales.
1. iv.
pour en avoir les maux et l’éternité
les frissons et les lacunes
en remanier la beauté, l’infirmité et l’innocence
brute et douloureuse.
a part moi. extrait d'un quart.
V. A part moi.
1. Regarder par la fenêtre est une distraction qui a ses limites.
2. Vivre semble si niais.
3. La banalité du quotidien est d'une mesquinerie…
4. Rien de plus horripilent que l’opinion.
5. Les idées les plus grossières sont parfois les plus authentiques.
6. Nous n’avons maintenant pas plus à se faire d’illusion qu’il ne nous faudrait plus rien réclamer, et inversement.
7. Rien ne semble parfois plus vivant qu'une image, ni de plus profond…
8. Nous sommes tout et tous aussi mauvais que prétentieux.
Extrait d'un quart, amour et abstraction.
I.
1. Château de sable.
dépassée par l’ordinaire
de ses visions aussi
calmes qu’incohérentes.
rêves étranges,
épuisés et malades,
berçant son calvaire
incessant et langoureux.
de vagues scrupules et d’horizons lasses
juxtaposés
à l’équilibre de ses propres ruines.
de ses rancunes et de son sarcasme
en italique
et le soir aux chandelles
fin prête à tomber.
amoureuse et convaincue
de l’illusion et de ses lacunes
concédant à la nudité ses instincts
intransigeants et insatiables.
sa foi, ses ravages et sa légèreté,
coupables et décevantes, et trahies
par le grotesque de nos bavardages.
2. Malfamé.
rencontrer de nouvelles étoiles
de nouveaux soleils et de nouveaux secrets
d’où l’éternité toute entière pourrait basculer
du bout des doigts.
nos maux par transparence
d’un vers une prière
renversant et ses cris et son écho
de toute sa vaine et son amertume.
parlant d’amour ou d’autre chose
du rêve de ses excès ou de la nature la pudeur,
mais fuyant le moindre souvenir
l’oubli, la poussière, les dynasties.
de la subtilité des proies
à la vertical de ses aphorismes
ta mains réforme cette vue sans défaut
unique et extraordinaire.
3. Section.
je ne vois pas
grand
chose
j’imagine
tout
le reste
j’essaie
de te rattraper
dans le cou
chaque fois.
4. Une supercherie.
on parlait d’amour et de Kerouac
on s’écoutait
Mahler.
et tout l’ennui du monde en moins
nous vidions nos vers.
et nous vidions nos vers
s’étranglant en vain
et balancions par la fenêtre grande ou verte,
nos maux
Kerouac, Stendhal, et Mahler.
5. Ballerines.
nous prenons tout
le temps devant nous
sans plus tomber plus
bas,
ni faisant
ni l’erreur
ni de mâcher
ses maux.
préférant à ses vers
splendides et immortels
leur reniement,
notre nature,
splendide et immortelle,
son infirmité, ses mystères et sa nudité.
6. Entrelacé.
attendre l’heur
sans plus de manière
sans plus rentrer
dans les détails
suffire au monde
tout contre toi
souffrir et du monde
ni le manque ni l’absence
je t’aime plus que le ciel
est à l’ordinaire
de la nature les excès
de ses instincts le dénouement.
7. L’élytre.
tomber encore sans toujours pas savoir
aimer encore qu’il faille
encore
d'un peu plus de temps, un peu
plus.
8. Un drame.
de l’inconvénient d’être soi à celui de na pas être
outrement
l’ombre et l’éclat d’un clair de lune
le tremblement d’une étoile,
des pierres la nonchalance.
du ciel la courtoisie, l’inutilité,
du mystère la simplicité et l’épaisseur,
des hommes la laideur ou sa caducité,
de l’amour l’abstraction.
d’une éclipse la résistance, la curiosité.
9. Averse.
des langues la sècheresse
de notre imaginaire la pauvreté
de sous la lune sous les étoiles
nos rêves la traversée
et dans le vide ou par amour
des heurs et bien des maux.
10. Scrabble
patiemment confondre nos maux.
par sa douleur et ses craintes, l’orage.
son parfum, sa pudeur ; carnivores et monotones.
souvenirs illusoires et subtiles.
d’astres, l’ébauche et les remarques.
11. Des cathédrales.
les étoiles prisent à la gorge
je n’ai rien
du monde autre que ses plaintes,
ses peines,
de ses prières les incisions,
ni pu
retenir sauf une larme
mon amour,
son abondance, sa mesquinerie, son indolence.
12. Sur la joue.
combiner les ombres écrasantes et perplexes
à sa foi légère et sans conséquence
de ses lèvres les roses
évanouies.
complice de ses merveilleux abus
réconciliant et ses prières et ses secrets
éprouvant encore de la gêne et la nostalgie
d’un frisson la familiarité.
dans un murmure qu’envahit le ciel
de pudeur et de torts,
détacher de ses maux et de leur résistance,
son sourire
du creux des étoiles,
énigme insupportable forgée de reflets ivres
de la lune l’orgueil
ou l’ironie.
13. Déchaussée.
je bois
jusqu’à m’en briser la nuque
et dans le salon
Schubert
je ne suis pas seule
dans la chambre
capable de me rendre
à l’évidence ou ridicule
elle
d’or tout ce temps
sombre et naturelle
ses maux à rebours
de l’aberration du monde.
extrait d'un quart, synopsis des anticyclones.
extrait d'un quart, Motivation des parallèles. 1.3 / XI
Extrait d'un quart, Delirium Tremens, 1.7 /63.
1. Marbre.
poser au-delà de ses propres limites
l’essence chagrinée du phénomène
l’inertie de l’homme commode,
de nos hommes malades,
de ses corps inventés
jusqu’à l’ennui des heures,
de leur ordre unique et rompu
battre la foudre en face de son désastre
sur une terre encore humée de par ses propres désirs
où tout à côté le soleil seul et en silence
se lève tout à l’autre bout,
à la veille de nos reflets
où l’issue cintrée de notre condition douteuse,
l’effet, les apparences, son reniement, et leurs causes,
y sont gravés d’ornements obliques et aléatoires,
afin d’éprouver nombre de figures sous leurs masques
extraordinaires et indulgents.
*
2. Lilith.
des soupçons subsistent
sobres et silencieux
le long de ses veines sinon bleues
qu’un mot se détache.
des langues s’éteignent
où les étoiles ne sont que poussières
ancolies par milliers croisées de nacre.
maintes figures à clef et de travers
gardées au secret d’une pleine nuit
au destin trop court et aux dieux trop présents
et ces quelques vers affolés.
à l’horizon mystérieuse d’une mort ravissante
sur mon visage aux heurts pénibles et formidables
l’illusion prend une place trop grande
merveille terrifiante et déplorable
comme tombée du ciel.
*
3. Lime.
sa solitude bien à l’abri
son ombre sur les murs
son reflet pâle et troublé.
des mots avec toute leur réserve
des rêves qui nous échappent et nous réunissent
des couleurs écrasées.
y superposer l’oubli et sa déchéance,
cataclysmes, subjectivités, paradoxes,
j’ai maigri ce que j’étais.
*
4. Lear.
ravir la lune de ses revers et s’étourdir
de son ennui qu’empêche l’oublis
de l’exaltation muette de l’infini
se passer de légende et de leur sursit
réhabiliter dieu jusque dans les détails
épuisé de par notre seul intérêt
replier jusqu’à la moindre étoile
chaque figure esquissées d’un trait
et le cœur de ses propres excès
se délivrer de son chantage et de ses leurres
chaque fois que la nuit s’impose
redoutant son innocence et sa maladresse
ta main dans la mienne comme un handicap
finissant un vers en crachant sur l’ego.
*
5. 0.9
je dessine la lune en train
doucement alors
je découpe son image
j’écris
debout
avec beaucoup d’amour et autant d’oublis
très tard, plus vite,
sans recul,
sans parfois même manquer une larme
suivant les failles laissées des cris en travers les murs
sans plus le reflet de ses traces sur des fenêtres sales
cratères exhortés par l’indigestion de l’ennui.
*
6. Cargo.
enfouir le quotidien
détaché de sa mécanique
de l'esprit incontournable
son âme envahissante
l'intuition abandonnée
à l'expérience interdite
l’institution efféminée
moderne et classique
et muette et tapie
est martyre et magnifique
est satyre et resplendissante
et je m’essuie les yeux
et demeure ordinaire
nous ne sommes pas bêtes
mais guère meilleurs.
*
7. Manège.
nous gratterons la terre
jusqu’à ce que la nuit tombe
nous invoquerons le ciel
jusqu’à ce que le froid nous transit
nous nous écorcherons
nous embrumerons nos souvenirs
nous embaumerons nos reliques
où nous débarquerons sans plaisir
nous implorerons les dieux
qu’ils gardent secret tout ce que l’on ose
ce que l’on cache nous
nous effleurerons à peine
nous nous effacerons
plus pâle de mieux comprendre
un temps soit peu
l’abstinence des étoiles.
*
